lundi, février 16, 2026
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La CAF sous tension et le flou post finale de la CAN 2025

La réunion du Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) à Dar es Salaam avait été annoncée comme un tournant décisif après la finale polémique de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 entre le Maroc et le Sénégal. Entre contestations publiques, débats sur l’arbitrage et remous internes touchant le secrétariat général, les attentes étaient élevées.
Pourtant, à l’issue de cette session, ce qui devait être un moment de clarification et de décisions structurantes s’est transformé en un exercice de formalisation administrative, laissant le football africain face à ses limites de gouvernance et à un horizon stratégique flou.

🌍 Une réunion très attendue et un calendrier confirmé
Le Comité exécutif de la CAF se voulait être le théâtre de décisions majeures.
Tous les yeux étaient tournés vers Dar es Salaam, espérant des mesures claires sur la gestion des incidents survenus lors de la finale Maroc-Sénégal, sur la réforme interne et sur l’avenir institutionnel du football africain.
Pourtant, la principale annonce, celle du maintien de la CAN 2027 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, n’apporte aucune nouveauté.
Cette confirmation du calendrier existant illustre une approche prudente, mais manque cruellement de portée stratégique.
Dans un contexte secoué par les controverses et les polémiques, la CAF se contente d’officialiser ce qui était déjà connu, sans initier de véritable rupture ou réforme.

🔥 Les incidents de la finale : ferme mais flou
Le cœur des débats portait sur les incidents ayant émaillé la finale entre le Maroc et le Sénégal.
Patrice Motsepe, président de la CAF, a exprimé sa « déception » et qualifié les événements de « regrettables », promettant qu’ils ne se reproduiraient pas.
Les mots choisis, fermes en apparence, restent juridiquement neutres : aucune responsabilité n’a été formellement attribuée, aucun calendrier de sanction n’a été dévoilé, et aucune mesure corrective immédiate n’a été appliquée.
Le discours vise davantage à rassurer l’opinion qu’à engager une action concrète.

📜 Réformes à venir : intentions sans calendrier
La CAF annonce vouloir adapter ses règlements pour introduire des sanctions plus dissuasives : « Nous apporterons des modifications aux statuts, aux systèmes et aux règlements afin de garantir des sanctions adaptées pour toute infraction grave portant atteinte au respect et à la réputation du football africain », a précisé Motsepe.
L’intention de réforme est claire, mais le flou persiste.
Aucune précision n’est donnée sur les lacunes actuelles, ni sur les mécanismes qui ont empêché d’agir plus tôt.
Cette approche post-crise, où la règle semble suivre l’événement plutôt que le précéder, révèle un déficit de gouvernance structurelle au sein de la CAF.

🧑‍💼 Le cas Véron Mosengo-Omba et la prudence institutionnelle
L’autre sujet sensible concerne le secrétaire général Véron Mosengo-Omba, dont le statut et la prolongation éventuelle de mandat soulèvent des questions sur la conformité avec les statuts.
Patrice Motsepe a choisi la prudence, évoquant les « meilleures pratiques mondiales » et la nécessité de respecter les règlements internes.
Aucun engagement précis n’a été pris, et la situation demeure suspendue à des décisions futures qui devront concilier respect des règles et continuité du leadership administratif.

⚠️ Gouvernance et crédibilité : le défi de la CAF
À Dar es Salaam, la CAF apparaît confrontée à un paradoxe : elle tente d’équilibrer fermeté affichée et neutralité juridique, mais échoue à convaincre sur la capacité de l’institution à gérer les crises et à réformer son fonctionnement.
Les attentes du public, des clubs, des fédérations et des sponsors dépassent le simple respect des procédures ; elles exigent des décisions claires, des sanctions effectives et une vision stratégique à long terme.
Le déficit de leadership tangible risque de fragiliser la crédibilité de la CAF et de laisser planer une incertitude sur la gestion des prochaines compétitions africaines.

📈 Vers un football africain en mutation
Si la réunion de Dar es Salaam a échoué à apporter des réponses immédiates, elle met en lumière les défis structurels de la CAF : modernisation des règlements, gestion des crises, transparence et efficacité décisionnelle.
Les prochaines semaines seront cruciales pour observer si les promesses de réforme se traduisent en actes concrets et si la gouvernance africaine du football parvient à s’adapter aux exigences croissantes des parties prenantes.
L’avenir du football africain dépendra de la capacité de la CAF à transformer ces annonces en mesures effectives, à restaurer la confiance des acteurs et à assurer une organisation moderne, transparente et crédible.

💡 Analyse finale : le flou, moteur ou frein ?
La conférence de presse post-ComEx illustre une CAF entre prudence et inertie, où les annonces se veulent rassurantes mais restent peu opérationnelles.
La question centrale demeure : la gouvernance actuelle suffira-t-elle à prévenir les crises futures, à garantir l’équité sportive et à protéger la réputation du football africain sur la scène mondiale ?
Le temps dira si la prudence affichée est une stratégie de consolidation ou un signe de paralysie institutionnelle.