lundi, février 16, 2026
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Scandale : la ceinture des mi-lourds retirée à Tarik Khbabez

Glory destitue le Tarik Khbabez : une ceinture retirée, une polémique ouverte

Au cœur de l’actualité du kickboxing mondial, une décision de l’organisation Glory fait grand bruit et suscite une vive controverse. Le retrait de la ceinture des poids mi-lourds au champion marocain Tarik Khbabez ne se limite pas à un simple choix sportif : il révèle des tensions profondes entre athlètes et promoteurs, où s’entremêlent enjeux financiers, équité sportive et gouvernance des grandes ligues internationales.

🥊 Un retrait de titre qui secoue le kickboxing international
Lundi, l’organisation Glory Kickboxing a officiellement annoncé que le titre mondial des poids mi-lourds était désormais vacant. En cause, selon la ligue, le refus présumé du champion en titre, Tarik Khbabez, de défendre sa ceinture face au challenger azerbaïdjanais Bahram Rajabzadeh. Cette décision radicale marque un tournant brutal pour la division, d’autant plus que Khbabez avait conquis le titre quelques mois plus tôt au terme d’un combat intense et unanimement salué.

Dans la foulée, Glory a dévoilé son plan de succession. Le titre vacant sera remis en jeu lors de l’événement Glory 107, programmé le 25 avril à Rotterdam. L’affiche opposera Bahram Rajabzadeh à Donovan Wisse, actuel champion des poids moyens. Ce dernier tentera un pari audacieux : devenir double champion en s’emparant de deux ceintures dans des catégories différentes, un exploit rare dans l’histoire récente de l’organisation, seulement accompli auparavant par Alex Pereira.

🇲🇦 La version de Tarik Khbabez : blessure, désaccord financier et principe sportif
Face à l’annonce de Glory, Tarik Khbabez n’a pas tardé à réagir. Le combattant marocain a fermement contesté l’argument d’un refus pur et simple de combattre. Selon lui, la réalité est bien plus complexe. Toujours en phase de récupération après une blessure sérieuse à la main, le champion affirme ne pas être médicalement apte à reprendre la compétition à un rythme imposé, sans compromettre sa santé à long terme.

Au-delà de l’aspect physique, Khbabez met également en avant un désaccord financier majeur. Il estime que les conditions proposées pour cette défense de titre ne reflétaient ni son statut de champion ni les risques encourus. « L’équité sportive ne doit pas être sacrifiée au profit du commerce », a-t-il déclaré, dénonçant une logique où la rentabilité immédiate primerait sur la cohérence sportive et la protection des athlètes.

🥇 La question de la revanche immédiate au cœur du débat
Sur le plan strictement sportif, Tarik Khbabez remet également en cause la légitimité d’une revanche immédiate accordée à Bahram Rajabzadeh. Battu en octobre dernier dans un combat décisif, l’Azerbaïdjanais n’aurait, selon le Marocain, pas suffisamment reconstruit son parcours pour prétendre à un nouveau combat pour le titre sans passer par d’autres prétendants de la catégorie. Cette critique soulève une question récurrente dans le kickboxing professionnel : faut-il privilégier les logiques de classement et de mérite sportif, ou répondre avant tout aux impératifs de spectacle et de diffusion ?

🏢 La position officielle de Glory : activité, rythme et crédibilité des titres
Du côté de l’organisation, la décision est assumée. Par la voix de son dirigeant Marshall Zelaznik, Glory justifie le retrait de la ceinture par la nécessité d’imposer un calendrier de défenses de titre plus strict. Selon la ligue, tout aurait été mis en œuvre pour permettre à Tarik Khbabez d’être prêt pour l’échéance d’avril. Face à l’impasse des négociations, Glory affirme avoir fait le choix de préserver la dynamique de la division des mi-lourds, en organisant un combat de haut niveau entre le numéro un des challengers et le champion de la catégorie inférieure.

Cette approche s’inscrit dans une volonté affichée de maintenir l’attractivité commerciale et médiatique de la discipline, en évitant les périodes d’inactivité prolongée qui peuvent affaiblir l’intérêt du public et des diffuseurs.

⚠️ Une décision qui relance le débat sur la précarité des champions
S’estimant injustement écarté, Tarik Khbabez déplore un traitement qu’il juge révélateur de la fragilité du statut des champions dans les sports de combat. Malgré les titres, la notoriété et les risques physiques majeurs encourus, les combattants resteraient, selon lui, soumis à une précarité financière et contractuelle structurelle. Être champion ne garantirait ni stabilité ni protection, mais exposerait au contraire à une pression constante pour accepter des conditions parfois jugées déséquilibrées.

🌍 Un précédent lourd de conséquences pour le kickboxing mondial
Au-delà du cas personnel de Tarik Khbabez, cette affaire pourrait faire jurisprudence dans la gestion des titres au sein des grandes organisations de sports de combat internationaux. Elle interroge sur l’équilibre entre business, spectacle et respect des athlètes, à l’heure où le kickboxing cherche à consolider sa place face aux géants du MMA et de la boxe professionnelle.

Alors que le combat de Rotterdam se profile et que la ceinture des mi-lourds s’apprête à changer de mains, une question demeure ouverte : cette décision renforcera-t-elle la crédibilité de Glory, ou alimentera-t-elle un sentiment de défiance croissant parmi les combattants de haut niveau, de plus en plus enclins à réclamer des garanties sportives et financières à la hauteur de leur engagement ?