Aérien : limitation temporaire de l’approvisionnement en carburant
Carburant aviation sous tension au Maroc : autorités et compagnies aériennes activent des mesures préventives face aux perturbations portuaires
Carburant aérien sous tension : le Maroc active un dispositif préventif pour sécuriser le trafic
La succession de tempêtes et de fortes houles qui frappent le Maroc depuis plusieurs semaines commence à produire des effets concrets sur certaines chaînes logistiques stratégiques. Parmi elles, l’approvisionnement en carburant aviation fait l’objet d’une vigilance accrue des autorités, soucieuses de préserver la continuité du trafic aérien et la sécurité des passagers dans un contexte marqué par des contraintes temporaires mais sensibles.
🛫 Une alerte préventive de la Direction de l’aviation civile
Face à une limitation temporaire de l’approvisionnement en carburant aviation dans les aéroports marocains, la Direction de l’aviation civile a pris les devants en adressant une recommandation officielle à l’ensemble des compagnies aériennes desservant le Royaume. Cette démarche vise à anticiper toute perturbation opérationnelle susceptible d’affecter les vols commerciaux, charters ou cargo, et à éviter des situations de pénurie locale pouvant entraîner des retards, des déroutements ou des annulations.
Dans sa communication, l’autorité aéronautique insiste sur la nécessité pour les compagnies de prévoir un ravitaillement suffisant dès le départ afin de garantir non seulement l’acheminement vers le Maroc, mais aussi le vol retour, sans dépendre des capacités de ravitaillement locales, sauf en cas de nécessité liée à la sécurité. L’objectif affiché est clair : maintenir un niveau de sécurité optimal tout en assurant la fluidité du trafic aérien.
✈️ Des consignes différenciées selon le type d’appareil
Les recommandations émises tiennent compte des réalités techniques propres à chaque catégorie d’avion. Pour les appareils long-courriers, les compagnies sont invitées à embarquer le maximum de carburant possible au départ, dans le strict respect des limites de performance, de masse et des normes de sécurité aérienne. Cette stratégie permet de réduire au minimum les besoins de ravitaillement sur le sol marocain, tout en garantissant l’autonomie nécessaire pour les rotations complètes.
S’agissant des avions court et moyen-courriers, la Direction de l’aviation civile recommande de doubler la quantité de carburant embarquée, de manière à couvrir l’aller-retour vers le Maroc sans recourir aux stocks locaux, sauf pour les volumes indispensables à la sécurité des opérations. Cette approche vise à préserver les réserves disponibles dans les aéroports marocains et à répartir équitablement l’effort entre les différents acteurs du transport aérien.
🌊 Des conditions météorologiques exceptionnelles à l’origine des tensions
À l’origine de cette situation, des conditions météorologiques particulièrement défavorables qui affectent depuis plusieurs semaines l’activité portuaire nationale. Les tempêtes et fortes houles ont ralenti, voire temporairement interrompu, le déchargement de plusieurs navires transportant des produits énergétiques stratégiques, notamment les carburants et le gaz butane.
Dans un communiqué officiel, le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable reconnaît l’impact direct de ces phénomènes climatiques exceptionnels sur le fonctionnement de certains ports du Royaume. Il précise que les autorités suivent de près, en coordination avec les professionnels du secteur, l’évolution des niveaux de stocks énergétiques ainsi que la situation des navires actuellement en rade, dans l’attente d’une amélioration des conditions en mer.
⛽ Des volumes importants en attente de déchargement
Selon les données communiquées par le ministère, plus d’un million de tonnes supplémentaires de produits pétroliers se trouvent actuellement à bord de navires en attente de déchargement. Ces volumes devraient être progressivement intégrés au circuit national dès que la situation météorologique le permettra, ce qui laisse entrevoir une normalisation progressive de l’approvisionnement.
À la date du jeudi 5 février, le stock national de produits pétroliers était estimé à 617.000 tonnes, un chiffre qui a suscité des interrogations au sein de la classe politique et de l’opinion publique, compte tenu de la consommation énergétique du pays.
🏛️ Des inquiétudes parlementaires sur la sécurité énergétique
Dans une question écrite adressée le 6 février à la ministre de tutelle, la députée Fatima Tamni, membre de la Fédération de la gauche démocratique, a exprimé ses préoccupations quant au niveau de ces réserves. Elle rappelle que la consommation annuelle de produits pétroliers au Maroc dépasse 12 millions de tonnes, soit environ un million de tonnes par mois. À la lumière de ces chiffres, le stock annoncé correspondrait, selon elle, à moins de trois semaines de consommation, soit environ 18 jours d’autonomie.
La parlementaire souligne également que la législation marocaine prévoit la constitution de réserves stratégiques couvrant 60 jours de consommation, ce qui représenterait près de deux millions de tonnes. Cette comparaison alimente le débat sur la résilience du système énergétique national face aux aléas climatiques et logistiques.
🔍 Une gestion sous contrôle, selon les autorités
De leur côté, les autorités insistent sur le caractère temporaire et maîtrisé de la situation. Les mesures prises dans le secteur aérien sont présentées comme des dispositifs préventifs, destinés à gagner du temps et à optimiser la gestion des stocks existants jusqu’à la reprise normale des activités portuaires. La coordination entre les ministères concernés, les gestionnaires portuaires et les opérateurs énergétiques est décrite comme étroite et continue.
Dans l’aviation civile, cette anticipation est perçue comme un signe de bonne gouvernance du risque, visant à protéger les passagers, les équipages et l’image du Maroc en tant que hub aérien régional et destination touristique majeure.
🌍 Entre aléas climatiques et enjeux stratégiques
Au-delà de l’épisode actuel, cette séquence met en lumière la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement énergétiques face aux dérèglements climatiques et pose la question plus large de la sécurité énergétique et logistique du Royaume. Si la situation reste sous contrôle à court terme, elle rappelle l’importance d’investir durablement dans la résilience des infrastructures portuaires, le stockage stratégique et la diversification des sources d’approvisionnement, dans un contexte mondial de plus en plus instable.
