vendredi, février 6, 2026
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Sahara marocain : un projet à 4,5 milliards de dollars à Laâyoune

Après avoir multiplié les initiatives dans les énergies renouvelables au cours de la dernière décennie, le Maroc franchit une nouvelle étape stratégique dans sa transition énergétique. Le Royaume vient de conclure un accord majeur avec un consortium international pour le développement d’un projet industriel de grande envergure à Laâyoune, dédié à la production d’ammoniac à bas coût à partir d’hydrogène vert. Avec un investissement initial estimé à 4,5 milliards de dollars, ce projet confirme l’ambition marocaine de devenir un acteur central de l’hydrogène vert au Maroc et un futur hub énergétique à l’échelle régionale et mondiale.

🚀 Un accord stratégique entre le Maroc et un consortium énergétique international

Le projet est porté par le consortium ORNX, une alliance réunissant des entreprises de premier plan issues de trois grandes puissances industrielles. Il s’agit de l’Américain Ortus, de l’Espagnol Acciona, acteur majeur des énergies renouvelables, et de l’Allemand Nordex, spécialiste mondial de l’éolien. La signature de l’accord avec le gouvernement marocain a permis de sécuriser un terrain stratégique dans la région de Laâyoune, ouvrant la voie à la concrétisation d’un projet énergétique intégré à forte valeur ajoutée.

Au-delà de Laâyoune, le consortium ORNX prévoit de déployer ses investissements dans l’ensemble du sud du Royaume, avec des projets complémentaires à Boujdour et Dakhla. Cette approche territoriale vise à tirer pleinement parti du potentiel exceptionnel des provinces du Sud en matière de ressources solaires et éoliennes, parmi les plus compétitives au monde.

Un système énergétique 100 % renouvelable et intégré

Le cœur du projet repose sur la mise en place d’un système énergétique entièrement intégré, fonctionnant exclusivement grâce aux énergies renouvelables éolienne et solaire. Les installations prévues permettront de produire une électricité verte abondante, destinée à alimenter des unités industrielles de pointe. Pour garantir la continuité de l’approvisionnement, même en cas d’intermittence des sources renouvelables, le projet intégrera des technologies avancées de stockage de l’énergie, un élément clé pour la viabilité industrielle de l’hydrogène vert.

L’autre pilier fondamental du dispositif concerne la gestion durable de l’eau, un enjeu crucial dans une région aride. Le consortium prévoit ainsi la construction d’unités de dessalement de l’eau de mer, directement alimentées par l’électricité verte produite sur site. Cette eau dessalée sera utilisée pour les unités d’électrolyse, qui constituent le point de départ du processus de production d’hydrogène vert.

🔬 Hydrogène vert et ammoniac : une chaîne de valeur complète

Grâce à l’électrolyse de l’eau, le projet ambitionne de produire, dès sa première phase, environ 100.000 tonnes d’hydrogène vert à bas coût par an. Cet hydrogène sera ensuite transformé en près de 560.000 tonnes d’ammoniac vert, un dérivé stratégique largement utilisé dans l’industrie des engrais, mais aussi de plus en plus considéré comme un vecteur énergétique clé pour le transport et le stockage de l’hydrogène.

Cette production est destinée aussi bien au marché national, afin de soutenir l’agriculture et l’industrie marocaines, qu’aux marchés internationaux, notamment européens et asiatiques, en quête de solutions pour décarboner leurs économies. Le projet s’inscrit ainsi pleinement dans la dynamique mondiale de transition vers une économie bas carbone.

🌍 Pourquoi le Maroc attire les géants de l’hydrogène vert

Selon les dirigeants d’ORNX, le Maroc réunit des conditions particulièrement favorables pour devenir un leader mondial de l’hydrogène vert à bas coût. Le Royaume bénéficie d’un potentiel solaire et éolien exceptionnel, d’une stabilité politique reconnue, d’infrastructures portuaires en développement et d’une proximité stratégique avec l’Europe, principal futur marché d’exportation de l’hydrogène et de ses dérivés.

À cela s’ajoute une vision politique claire et structurée, qui rassure les investisseurs internationaux sur la pérennité des projets à long terme. Cette combinaison d’atouts place le Maroc parmi les destinations les plus compétitives au monde pour le développement d’une industrie de l’hydrogène vert et de l’ammoniac vert.

🗣️ Une ambition assumée de faire du Maroc un hub mondial

Peter Gish, directeur général du consortium ORNX, a souligné la portée stratégique de cet accord, affirmant que cette signature marque une étape décisive dans le déploiement du projet et dans l’engagement du consortium envers l’avenir énergétique du Royaume. Selon lui, ce partenariat ouvre la voie à des alliances stratégiques de long terme et contribue à concrétiser la vision de faire du Maroc un hub mondial de production et de distribution d’hydrogène à bas coût et de ses dérivés, notamment l’ammoniac.

Cette déclaration illustre la confiance des investisseurs internationaux dans la capacité du Maroc à jouer un rôle central dans les chaînes de valeur énergétiques de demain.

🇲🇦 Un projet aligné sur la stratégie nationale de l’hydrogène vert

Le projet ORNX s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale marocaine de développement de l’hydrogène vert. En 2024, le Royaume a franchi un cap important en mettant à disposition environ un million d’hectares de terres dédiées à ce secteur stratégique. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’Offre Maroc, un dispositif visant à attirer des investissements étrangers massifs dans les énergies propres, en offrant un cadre foncier, réglementaire et institutionnel attractif.

À travers cette stratégie, le Maroc ambitionne non seulement de produire de l’hydrogène vert pour ses propres besoins, mais aussi de devenir un exportateur majeur d’énergie verte, capable de répondre à la demande croissante des économies engagées dans la neutralité carbone.

🔮 Vers une nouvelle ère industrielle et énergétique pour le sud du Maroc

Au-delà de sa dimension énergétique, ce projet représente un levier de développement économique et industriel pour les provinces du Sud. Il devrait générer des milliers d’emplois directs et indirects, favoriser le transfert de technologies et renforcer l’intégration du Maroc dans les grandes chaînes de valeur énergétiques mondiales. À moyen et long terme, il pourrait également transformer le sud du Royaume en un pôle industriel stratégique, au croisement de l’énergie, de l’industrie chimique et de l’exportation.

À mesure que la transition énergétique mondiale s’accélère, des projets de cette ampleur pourraient redéfinir la place du Maroc sur l’échiquier énergétique international, posant les bases d’un modèle de développement fondé sur l’innovation, la durabilité et la souveraineté énergétique.