jeudi, janvier 22, 2026
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(vidéo) CAN 2025: la défaite du Maroc en finale célébrée en Algérie

Quand un pays célèbre, non pas la victoire de son équipe, mais la défaite d’une autre

L’Algérie ne célèbre plus ses propres succès, faute de victoires à mettre en avant, mais se réjouit désormais des rares revers du Maroc. La satisfaction ne vient plus de l’accomplissement personnel, mais de l’échec d’autrui. Une dérive négative et malsaine, où la marocophobie semble tenir lieu de programme et de moteur national.

Ce réflexe affectif est révélateur : l’identité politique et symbolique de l’Algérie se façonne davantage dans l’opposition au Maroc que dans la construction de son propre projet national. Ce phénomène n’est pas récent, mais il n’a jamais été aussi marqué que depuis l’arrivée de Tebboune au pouvoir. Cette intensification de la marocophobie semble directement liée aux impasses répétées d’un régime en difficulté, qui s’enlise dans ses échecs et lutte pour une survie de plus en plus fragile.

Fait pour le moins surprenant et presque inédit dans l’histoire du sport : un pays extérieur à la rencontre a célébré, non pas la victoire d’une équipe, mais la défaite d’une autre. Ce ne fut pas tant le succès du Sénégal qui suscita l’enthousiasme de certaines foules algériennes, que l’échec du Maroc. Cette réaction s’est manifestée dans plusieurs villes d’Algérie ainsi que dans certaines communautés de la diaspora en Europe.

À Paris notamment, les incidents n’ont pas été provoqués par des supporters marocains déçus, qui sont restés calmes et dignes, mais par des groupes célébrant la défaite du Maroc. L’événement mis en avant n’était donc pas la victoire sportive du Sénégal, pourtant digne de reconnaissance, mais bien le revers marocain.

Ce renversement de la logique sportive est d’autant plus frappant que l’Algérie ne partage pas de lien historique particulier avec le Sénégal, tandis que le Maroc et le Sénégal entretiennent des relations anciennes et étroites. La liesse observée ce soir-là n’était pas fondée sur l’admiration d’une performance sportive, mais sur la satisfaction née de l’échec d’un autre.

Ces manifestations, largement relayées, traduisent un malaise plus profond dans la perception du Maroc, où la rivalité semble parfois dépasser le cadre du sport pour prendre une dimension émotionnelle excessive, révélatrice d’un rapport de plus en plus conflictuel et obsessionnel.

⚽ Maroc vs Sénégal : Quand la CAN révèle le biais des médias algériens

La finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, opposant le Maroc au Sénégal, ne restera pas seulement dans les mémoires pour le football, mais aussi pour la manière dont certains médias ont choisi de relayer l’événement. Alors que l’équipe nationale marocaine, les Lions de l’Atlas, avait tout donné sur le terrain, la couverture médiatique algérienne a pris un tournant surprenant, révélant un parti-pris profond et des discours chargés d’hostilité.

📰 Une couverture tardive et partiale

Depuis le début du tournoi, les médias d’État algériens semblaient avoir volontairement ignoré l’existence même de l’équipe marocaine. Les matchs disputés par le Maroc étaient à peine mentionnés, et le pays hôte, pourtant au centre de la compétition, n’était quasiment jamais nommé. C’est uniquement lors de la finale que l’attention s’est portée sur le Maroc, mais avec un angle critique et idéologiquement chargé.

La terminologie employée par ces médias a immédiatement frappé. L’équipe marocaine n’était plus désignée par son nom officiel, mais par le terme « Makhzen », un mot chargé de connotations historiques et politiques. Cette substitution lexicale n’est pas anodine : elle transforme le sport en vecteur d’un discours hostile, laissant transparaître un parti-pris nationaliste et polémique.

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🔍 Manipulation, accusations et théorie du complot

Dans ses reportages, la télévision d’État algérienne a soutenu que le match avait été marqué par une « manipulation arbitrale imposée », accusant implicitement les Lions de l’Atlas de tricherie. Les commentateurs ont encouragé les supporters algériens à « célébrer avec ferveur la défaite du Makhzen et la chute de ses complots », transformant un simple match de football en un récit de conflit et de confrontation.

Les bulletins d’information sont allés plus loin, affirmant que « Le Makhzen avait ruiné la compétition africaine la plus prestigieuse » et que les Marocains auraient privé le public africain de la joie de la victoire par la « ruse de ses joueurs ». Ces propos mettent en scène une rhétorique de conspiration et de sabotage, suggérant que le succès du Maroc était non mérité et le fruit d’une stratégie sournoise.

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⚠️ Une focalisation sur la suspicion plutôt que le sport

Depuis le lancement de la CAN 2025, l’ensemble de la sphère médiatique algérienne – officielle et privée – a régulièrement insisté sur des accusations à l’encontre du Maroc : « échec organisationnel », « corruption d’arbitres », voire « achat d’équipes adverses » pour faciliter la victoire des Lions de l’Atlas. Plutôt que de célébrer la qualité du football, ces médias ont privilégié la critique et la suspicion, au détriment de l’objectivité journalistique et du respect sportif.

Le résultat est une narration fortement polarisée qui transforme un événement sportif international en instrument politique et idéologique, fragilisant l’image du Maroc dans certains segments de l’opinion publique algérienne.

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🌍 Football et diplomatie : quand le sport dépasse le terrain

Cette couverture médiatique souligne l’impact réel que peut avoir le sport sur les perceptions géopolitiques. La CAN 2025 n’a pas seulement été une démonstration de talents et de performance sur le terrain, elle a également révélé les fractures médiatiques et idéologiques dans la région. Pour le Maroc, c’est aussi un rappel de l’importance de l’organisation, de la transparence et de la résilience face aux critiques, qu’elles soient légitimes ou motivées par des agendas politiques.

En définitive, cette finale restera dans les annales non seulement comme un moment de sport intense, mais aussi comme un exemple saisissant de l’influence des médias sur la perception d’un événement international. Le football, dans ce contexte, devient un miroir de tensions historiques et politiques, révélant plus sur les observateurs que sur les joueurs eux-mêmes.

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