mardi, février 17, 2026
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Sahara marocain: Trump impose une autre réunion de négociations

Les États-Unis relancent les négociations sur le Sahara marocain à Madrid, avec l’objectif d’imposer une feuille de route claire

Sahara marocain : Washington relance la pression diplomatique

À l’initiative du président américain Donald Trump, un nouveau cycle de discussions s’ouvre autour de la question du Sahara marocain, dans un contexte régional toujours marqué par de profondes divergences politiques et diplomatiques. Réunis à Madrid sous l’égide des États-Unis, les principaux protagonistes du dossier sont appelés à renouer le dialogue, avec l’objectif affiché d’aboutir à une feuille de route claire et opérationnelle après des années d’impasse.

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🇺🇸 Une médiation américaine remise au centre du jeu

La réunion organisée cet après-midi à l’ambassade des États-Unis à Madrid marque un retour appuyé de Washington dans la gestion du dossier du Sahara dit occidental. Autour de la table se retrouvent le Maroc, l’Algérie, le groupe séparatiste armé polisario et la Mauritanie, dans un format quadripartite déjà expérimenté par le passé. Ces pourparlers sont conduits par Massad Boulos, conseiller spécial de Donald Trump pour l’Afrique, mandaté pour insuffler une nouvelle dynamique à un processus enlisé depuis plusieurs années.

Par cette initiative, l’administration américaine entend renforcer son rôle de facilitateur et exercer une pression diplomatique accrue sur les parties concernées. Selon des sources proches du dossier, Washington souhaite dépasser les discussions de principe pour imposer une logique de résultats, fondée sur des échéances précises et des engagements mesurables.

🕊️ Vers une feuille de route encadrée et contraignante

Au cœur des discussions figure la volonté américaine d’arracher un accord sur un cadre méthodologique clair. L’objectif est de définir une feuille de route politique fixant des étapes concrètes à court et moyen termes, afin de sortir d’un statu quo considéré comme contre-productif par les États-Unis. Cette approche vise notamment à lever les blocages persistants autour de notions clés du conflit, à commencer par l’interprétation du principe d’autodétermination, qui demeure l’un des principaux points de friction entre Rabat et Alger.

La question de la mise en œuvre du plan d’autonomie proposé par le Maroc constitue également un axe central des discussions. Washington souhaite clarifier les modalités techniques et institutionnelles de ce projet, présenté par Rabat comme une solution réaliste et durable, mais rejeté par le polisario avec le soutien diplomatique de l’Algérie.

⚖️ Un comité technique pour dépasser les blocages politiques

Dans cette optique, le mécanisme envisagé prévoit la création d’un comité technique composé d’experts juridiques et institutionnels issus des quatre parties prenantes. Ce groupe de travail aurait pour mission de traduire les orientations politiques en dispositifs concrets, en examinant notamment les garanties juridiques, les mécanismes de gouvernance locale et les modalités d’accompagnement international.

L’inclusion d’experts du Maroc, de l’Algérie, du polisario et de la Mauritanie répond à la volonté américaine de donner au processus une dimension plus opérationnelle, susceptible de dépasser les postures politiques figées. Pour Washington, seule une approche technico-juridique rigoureuse peut permettre de débloquer un dossier miné par des décennies de méfiance et de rivalités régionales.

🌍 Madrid dans la continuité des précédents rounds internationaux

Les discussions actuelles s’inscrivent dans le prolongement des précédentes tentatives de médiation internationale menées sous l’égide des Nations unies. Des cycles de négociations avaient déjà été organisés à Manhasset en 2007, puis à Genève en 2018 et 2019, sans parvenir à rapprocher durablement les positions. Le dernier round officiel entre les quatre parties remonte à mars 2019, également à Genève, avant que le processus ne retombe dans une phase de paralysie prolongée.

Malgré ces échecs répétés, l’administration Trump semble déterminée à réactiver le dialogue, estimant que le contexte géopolitique actuel impose une résolution, ou à tout le moins une clarification, de ce conflit ancien aux répercussions régionales majeures.

⚠️ Des divergences toujours profondes entre Rabat et Alger

En dépit de cette nouvelle impulsion américaine, les obstacles demeurent considérables. Les positions du Maroc et de l’Algérie restent profondément antagonistes, tant sur la nature du conflit que sur les solutions envisageables. Rabat défend une approche fondée sur la souveraineté marocaine et l’autonomie élargie, tandis qu’Alger continue de soutenir le discours du polisario autour d’un référendum d’autodétermination aux contours flous.

Pour les observateurs, la capacité de Washington à rapprocher ces visions opposées constituera le véritable test de cette initiative madrilène. Le pari américain repose sur l’idée que la combinaison de pression diplomatique, d’expertise technique et d’échéances encadrées pourrait forcer les acteurs à sortir de leurs positions maximalistes.

🔍 Un dossier stratégique aux implications régionales

Au-delà de la question territoriale, le dossier du Sahara marocain demeure un enjeu stratégique pour la stabilité du Maghreb et pour les équilibres sécuritaires en Afrique du Nord et au Sahel. Les États-Unis, conscients de ces implications, cherchent à éviter que ce conflit gelé ne continue d’alimenter les tensions régionales et d’entraver les perspectives de coopération économique et sécuritaire.

Reste à savoir si cette nouvelle séquence de négociations marquera un véritable tournant ou s’inscrira dans la longue série de tentatives avortées. À Madrid, les regards sont désormais tournés vers la capacité des parties à transformer ce dialogue relancé en avancées tangibles, sous l’œil attentif de Washington.