CAN 2025 : la grève de la faim des détenus sénégalais démentie
Justice marocaine : le Procureur du Roi dément toute grève de la faim de détenus sénégalais et détaille une procédure conforme à la loi.
Dans un contexte marqué par une forte attention médiatique internationale autour des incidents ayant suivi la finale de la CAN 2025, la justice marocaine est sortie de son silence pour rétablir les faits. Le Procureur du Roi près le Tribunal de première instance de Rabat a publié un communiqué détaillé afin de répondre point par point à des informations qualifiées de trompeuses, diffusées par une agence de presse étrangère, concernant la situation judiciaire et carcérale de détenus sénégalais poursuivis pour des actes de vandalisme. Cette mise au point officielle vise à clarifier le déroulement de la procédure, les conditions de détention et le respect des droits de la défense, au cœur du débat.
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📰 Une mise au point officielle face à une information jugée trompeuse
Le Procureur du Roi a catégoriquement démenti l’existence d’une grève de la faim de détenus sénégalais incarcérés dans le cadre des poursuites liées aux violences et dégradations survenues après la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Selon le communiqué, ces allégations, largement relayées à l’étranger, ne reposent sur aucun élément factuel avéré. L’autorité judiciaire affirme que les personnes concernées consomment normalement et régulièrement les repas servis par l’établissement pénitentiaire, sans qu’aucun refus collectif ou individuel de s’alimenter n’ait été constaté.
Cette précision intervient alors que la question des conditions de détention au Maroc et du traitement réservé aux ressortissants étrangers fait l’objet d’une sensibilité accrue sur la scène médiatique internationale. En qualifiant ces informations de « totalement infondées », le Procureur du Roi entend protéger la crédibilité de l’institution judiciaire marocaine et prévenir toute instrumentalisation du dossier.
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⚖️ Un calendrier judiciaire conforme aux demandes de la défense
S’agissant des accusations de lenteur ou de retard dans le traitement du dossier, le communiqué retrace de manière chronologique le déroulement précis de la procédure judiciaire. L’affaire a été appelée pour la première fois à l’audience le 22 janvier 2026, date à laquelle les prévenus ont eux-mêmes sollicité un report afin de disposer d’un délai suffisant pour préparer leur défense, conformément aux principes fondamentaux du procès équitable.
Une seconde audience, fixée au 29 janvier 2026, a également été renvoyée à la demande expresse des accusés, qui ont insisté sur la nécessité d’être assistés par leurs avocats. Le tribunal a alors accédé à cette requête, renvoyant l’examen du dossier au 5 février 2026, date à laquelle un avocat inscrit au barreau français s’est effectivement présenté.
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🧑⚖️ La question de l’assistance juridique et du domicile élu au Maroc
Toutefois, la présence de cet avocat étranger n’a pas permis la poursuite immédiate des débats, celui-ci n’étant pas accompagné d’un confrère disposant d’un domicile élu au Maroc, condition requise par la procédure en vigueur. Afin de garantir pleinement les droits de la défense des détenus sénégalais, le tribunal a décidé un nouveau renvoi à l’audience du 12 février 2026.
Le Procureur du Roi souligne que cette décision a été prise dans l’intérêt exclusif des accusés, afin de leur permettre d’être assistés par l’avocat de leur choix et de bénéficier du temps nécessaire à l’organisation de leur défense. Il est également précisé que l’avocat français a pu s’entretenir directement avec les détenus, en langue française, pour leur expliquer les motifs juridiques de ce renvoi, dissipant ainsi toute ambiguïté sur le déroulement de la procédure.
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🌍 Traduction des audiences et respect des droits linguistiques
Concernant les critiques relatives à une prétendue absence de traduction lors des audiences, le communiqué apporte un démenti clair. Le tribunal avait désigné un interprète assermenté, chargé de traduire l’ensemble des débats vers le français, langue parfaitement maîtrisée par tous les prévenus. Cette disposition vise à garantir la compréhension pleine et entière des débats judiciaires, élément central du respect des droits fondamentaux des personnes poursuivies.
Le Procureur du Roi insiste sur le fait que cette mesure a été systématiquement appliquée, contrairement aux affirmations relayées dans certains médias internationaux, qui évoquaient une procédure expéditive ou opaque.
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📄 Procès-verbaux et cadre légal de la procédure pénale
Enfin, le communiqué répond aux accusations selon lesquelles les procès-verbaux de la police judiciaire auraient été établis en l’absence d’un interprète. L’autorité judiciaire rappelle que l’article 21 du Code de procédure pénale marocain n’impose pas la présence d’un interprète lorsque l’officier de police judiciaire maîtrise la langue de la personne auditionnée, ce qui était le cas en l’espèce.
Il est en outre précisé que les procès-verbaux mentionnent explicitement que leur contenu a été lu et traduit aux détenus, garantissant ainsi leur parfaite information sur les faits qui leur sont reprochés. Ces éléments conduisent le Procureur du Roi à qualifier les informations publiées de « trompeuses » et « sans aucun fondement juridique ».
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🔍 Une procédure présentée comme exemplaire au regard de la loi
En réaffirmant que l’ensemble des actes accomplis dans ce dossier respecte strictement la loi marocaine et les standards du droit à un procès équitable, le Procureur du Roi près le Tribunal de première instance de Rabat cherche à clore une polémique nourrie par des informations jugées inexactes. Cette affaire, au croisement de la justice, du sport et des relations internationales, illustre les enjeux de la médiatisation des procédures judiciaires sensibles, dans un contexte où la rapidité de diffusion de l’information peut parfois primer sur sa vérification rigoureuse.
Alors que les prochaines audiences doivent permettre la poursuite sereine des débats, ce dossier rappelle l’importance, pour les institutions judiciaires, de communiquer avec précision et transparence afin de préserver la confiance du public et le respect des droits de toutes les parties concernées.
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