mardi, février 3, 2026
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Météo : voici pourquoi le nord du Maroc est sous haute vigilance

Intempéries au Maroc : découvrez pourquoi le nord du Royaume est sous haute vigilance avec l’explication de la Direction générale de la météorologie

Le nord du Maroc traverse depuis plusieurs jours une phase météorologique particulièrement instable, marquée par des pluies persistantes et parfois d’une intensité remarquable. Derrière cet épisode se cache une configuration atmosphérique complexe, expliquée par la Direction générale de la météorologie du Maroc (DGM), qui met en garde contre des risques élevés d’inondations et appelle à une vigilance renforcée face à une situation jugée exceptionnelle à l’échelle régionale.

🌧️🌧️ 🌧️ Un épisode pluvieux hors normes sur le nord du Royaume

La succession de perturbations actives affectant le nord du Royaume ne relève ni du hasard ni d’un phénomène isolé. Selon les analyses de la DGM, cette situation s’inscrit dans un contexte atmosphérique de grande ampleur qui dépasse largement les frontières nationales. La péninsule Ibérique, le sud de la France et l’extrême nord-ouest de l’Afrique sont simultanément concernés par ce vaste système dépressionnaire, générant des pluies durables, parfois intenses et localement orageuses.

Au Maroc, cette dynamique se traduit par un enchaînement presque continu de perturbations atlantiques, apportant des précipitations soutenues sur des régions déjà fragilisées par l’humidité accumulée au fil des jours. Le nord-ouest du pays, en raison de sa géographie et de son exposition aux flux océaniques, se retrouve particulièrement vulnérable à ces conditions météorologiques défavorables.

🌬️ Le choc des masses d’air, moteur de l’instabilité

À l’origine de cette situation exceptionnelle, les météorologues identifient un fort contraste thermique entre deux masses d’air aux caractéristiques diamétralement opposées. D’une part, de l’air froid d’origine polaire, en provenance de l’Amérique du Nord, progresse vers les latitudes moyennes. D’autre part, de l’air chaud et humide d’origine subtropicale remonte depuis les basses latitudes vers le bassin méditerranéen et le Maghreb.

La confrontation de ces deux masses d’air accentue la puissance du courant-jet, également appelé jet stream, une circulation atmosphérique rapide en altitude qui joue un rôle central dans la trajectoire des perturbations. Ce renforcement du courant-jet agit comme une véritable autoroute météorologique, facilitant le transport massif de vapeur d’eau depuis l’Atlantique vers l’Europe de l’Ouest et l’Afrique du Nord.

🌊 Les rivières atmosphériques, un phénomène clé

Ce contexte donne naissance à un phénomène bien connu des spécialistes : les rivières atmosphériques. Ces couloirs étroits mais extrêmement riches en humidité concentrent d’énormes quantités de vapeur d’eau sur des trajectoires précises. Lorsqu’elles rencontrent des reliefs ou des zones de convergence, elles peuvent provoquer des précipitations abondantes sur des territoires ciblés.

Au cours de cette semaine, une rivière atmosphérique particulièrement active canalise un défilé quasi ininterrompu de perturbations atlantiques en direction du nord-ouest du Maroc. Les régions du Rif et du Tangérois figurent parmi les plus exposées, avec des pluies soutenues à localement très fortes, souvent accompagnées d’orages, renforçant le caractère brutal et imprévisible de l’épisode.

⚠️ Des facteurs aggravants qui augmentent les risques

Selon la Direction générale de la météorologie, le danger ne réside pas uniquement dans les volumes de pluie attendus, mais surtout dans la combinaison de plusieurs facteurs aggravants. Les précipitations, parfois intenses et orageuses, se répètent sur une période courte, laissant peu de temps aux sols pour absorber l’eau. Cette situation touche des bassins versants très réactifs, notamment en zones montagneuses, où les pentes accentuent la rapidité des écoulements.

Cette configuration favorise des ruissellements rapides, augmentant considérablement le risque de crues soudaines des oueds et d’inondations localisées. Dans certains cas, ces phénomènes peuvent se produire en l’espace de quelques dizaines de minutes, surprenant les populations et compliquant les interventions de secours.

🚨 Alerte rouge et appel à la prudence

Face à cette situation préoccupante, la DGM a placé plusieurs zones du nord du pays en alerte météorologique de niveau rouge, notamment pour la journée de mercredi. Les régions du Rif, de Chefchaouen et de Tétouan sont particulièrement concernées, avec des cumuls de pluie susceptibles d’atteindre localement 100 à 150 millimètres.

Au-delà des chiffres, les services météorologiques insistent sur le caractère concentré et orageux des précipitations, qui impose une vigilance maximale. Les autorités appellent les citoyens à éviter les zones inondables, les points bas et les abords des cours d’eau, rappelant que des inondations peuvent survenir très rapidement, parfois en moins d’une heure.

🤝 Vigilance citoyenne face à une météo instable

La Direction générale de la météorologie souligne enfin l’importance du rôle de la vigilance citoyenne dans ce contexte météorologique particulièrement instable. Le respect strict des alertes officielles, la prudence lors des déplacements et l’adoption de comportements responsables sont essentiels pour limiter les risques pour les personnes et les biens.

Alors que cet épisode pluvieux s’inscrit dans une dynamique atmosphérique de grande échelle, son évolution reste étroitement surveillée par les services météorologiques. Ces événements rappellent la nécessité d’une adaptation constante face à des phénomènes météorologiques de plus en plus intenses, dans un contexte de variabilité climatique accrue.