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Réserves en eau du Maroc : un niveau inédit depuis 2018

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Après plusieurs années marquées par un stress hydrique aigu, le Maroc connaît un répit inédit sur le front de l’eau. Portées par des précipitations abondantes et régulières, les réserves hydriques du Royaume ont atteint un niveau rarement observé depuis 2018. Cette amélioration spectaculaire, si elle renforce la sécurité hydrique du Maroc, s’accompagne toutefois de défis immédiats liés à la gestion des excédents et aux risques d’inondations dans certaines régions.

💧 Ressources en eau au Maroc : un rebond historique porté par des pluies exceptionnelles

À la date du samedi 31 janvier 2026, les ressources en eau disponibles au Maroc dépassent les 10 milliards de mètres cubes, enregistrant une hausse d’environ 120 % par rapport à la même période de l’an dernier. Selon les données officielles, le taux de remplissage global des barrages marocains s’établit désormais à 61,3 %, un niveau inédit depuis plusieurs années et atteint en l’espace de quelques jours seulement. Cette progression rapide illustre l’impact direct des fortes précipitations enregistrées ces dernières semaines sur l’ensemble du territoire.

🌧️ Des précipitations salvatrices pour les barrages et les nappes phréatiques

Les pluies abondantes ont joué un rôle déterminant dans la reconstitution des réserves hydriques nationales, aussi bien au niveau des barrages que des nappes phréatiques. Dans un contexte marqué récemment par des épisodes de sécheresse prolongée, cette amélioration est perçue comme un signal positif pour l’approvisionnement en eau potable, l’irrigation agricole et la production hydroélectrique.

Les autorités hydrauliques soulignent que plusieurs bassins connaissent une remontée significative de leurs niveaux, contribuant à restaurer une marge de manœuvre essentielle pour la planification des usages de l’eau à moyen terme. Ce regain hydrique constitue également un facteur clé pour la résilience des territoires ruraux, particulièrement dépendants des apports pluviométriques.

🏞️ Des barrages à pleine capacité et des lâchers d’eau maîtrisés

Conséquence directe de cette dynamique pluviométrique, plusieurs barrages du Maroc affichent désormais un taux de remplissage proche ou égal à 100 %. Face à cette situation, les autorités compétentes ont procédé à des opérations de lâchers d’eau, conformément aux protocoles de gestion sécurisée des ouvrages hydrauliques.

Ces opérations, présentées comme normales et préventives, visent à préserver l’intégrité des infrastructures tout en limitant les risques de débordement. Elles s’inscrivent dans une logique de gestion intégrée des ressources en eau, tenant compte à la fois des impératifs de sécurité et de l’optimisation des volumes stockés.

🌊 Inondations localisées : le revers des pluies abondantes

Si ces précipitations sont largement bénéfiques sur le plan hydrique, elles ont également provoqué des inondations localisées, notamment dans la région du Loukkos, connue pour sa vulnérabilité aux crues. À Ksar El Kébir, plusieurs quartiers ont été évacués à titre préventif, les autorités locales ayant activé les dispositifs d’urgence afin de protéger les habitants.

Dans ce contexte, la direction régionale du ministère de l’Éducation nationale a décidé de suspendre les cours jusqu’au 7 février, afin de garantir la sécurité des élèves et du personnel éducatif. Ces mesures illustrent la nécessité d’une coordination étroite entre les services hydrauliques, les autorités locales et les secteurs sociaux face aux aléas climatiques.

✈️ Perturbations dans le nord : fermeture temporaire de l’aéroport de Tétouan

Plus au nord du pays, les fortes précipitations ont entraîné des perturbations notables des infrastructures de transport. L’aéroport de Tétouan – Sania R’mel a ainsi été fermé temporairement en raison de conditions météorologiques jugées défavorables, illustrant l’impact direct des intempéries sur la mobilité et l’activité économique régionale.

Ces interruptions, bien que ponctuelles, rappellent la nécessité d’adapter les infrastructures aux événements climatiques extrêmes, dont la fréquence tend à augmenter sous l’effet du changement climatique.

🌍 Entre soulagement hydrique et défis de gouvernance de l’eau

Le rebond actuel des réserves intervient dans un contexte où la gestion durable de l’eau au Maroc est devenue un enjeu stratégique majeur. Si l’amélioration du taux de remplissage des barrages apporte un soulagement indéniable, elle ne saurait occulter les défis structurels liés à la variabilité climatique, à la pression démographique et aux besoins croissants des secteurs agricoles et urbains.

Les experts soulignent que ces épisodes de pluies intenses doivent être mis à profit pour renforcer les politiques de stockage, de redistribution et de protection contre les inondations, afin de transformer ce surplus conjoncturel en levier de résilience à long terme.

🔮 Un répit hydrique à consolider dans la durée

La hausse spectaculaire des ressources en eau au Maroc offre une respiration bienvenue après des années de tension hydrique. Toutefois, ce répit pose une question centrale : comment capitaliser sur cette abondance temporaire pour bâtir une sécurité hydrique durable, capable d’absorber les chocs climatiques futurs ? Entre opportunité stratégique et vigilance opérationnelle, la réponse à cette équation conditionnera largement l’équilibre hydrique du Royaume dans les années à venir.

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