Hooligans : report du procès des sénégalais et du franco algérien
Le dossier judiciaire lié aux graves débordements ayant marqué la finale de la Coupe d’Afrique des Nations opposant le Maroc au Sénégal continue de mobiliser l’attention à Rabat. Entre exigences procédurales, tensions diplomatiques latentes et enjeux de sécurité lors des grands événements sportifs, cette affaire s’impose désormais comme un symbole des défis posés par la gestion judiciaire des violences dans les stades africains.
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⚖️ Émeutes de la finale Maroc–Sénégal : un verdict une nouvelle fois ajourné
Le tribunal de première instance de Rabat a décidé de reporter le prononcé de son verdict dans l’affaire impliquant plusieurs supporters sénégalais ainsi qu’un citoyen franco-algérien, poursuivis à la suite des violences survenues lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Maroc et le Sénégal. Initialement attendu, le jugement a été renvoyé à une audience ultérieure fixée au 5 février prochain, en raison d’une grève nationale des avocats, déclenchée pour protester contre l’adoption d’un projet de loi encadrant la profession.
Cette décision de renvoi s’inscrit dans un contexte juridique tendu, où les impératifs du droit à la défense se heurtent aux contraintes institutionnelles et aux mouvements de contestation au sein du barreau marocain.
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🧑⚖️ Les accusés réclament la pleine garantie de leurs droits
Au-delà de la grève des avocats, le report du dossier a également été motivé par une demande formelle émanant des 19 prévenus, actuellement placés en détention provisoire. Ces derniers ont exigé que leurs avocats soient présents lors des audiences, estimant que toute poursuite des débats en leur absence porterait atteinte aux principes fondamentaux d’un procès équitable.
Cette requête, accueillie favorablement par la juridiction, illustre la volonté du tribunal de respecter scrupuleusement les garanties procédurales, malgré la forte pression médiatique entourant ce dossier sensible.
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👥 Une audience sous haute surveillance et forte symbolique
La séance judiciaire s’est déroulée dans une atmosphère particulièrement observée, tant par les familles que par les représentants institutionnels. Les proches du citoyen franco-algérien mis en cause étaient présents dans la salle, tout comme une délégation de l’Organisation marocaine des droits de l’homme, venue suivre le déroulement des débats au nom du respect des libertés fondamentales.
L’audience a également enregistré la présence d’un représentant du consulat de France, ainsi que d’un représentant sénégalais, témoignant de la dimension internationale de cette affaire. À l’extérieur du palais de justice, plusieurs dizaines de proches des accusés sénégalais se sont rassemblés, exprimant leur soutien dans un climat demeuré globalement calme mais chargé d’émotion.
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🚨 Violences sportives : des chefs d’accusation lourds
Les supporters sénégalais interpellés, ainsi que le citoyen algérien, sont poursuivis pour une série de chefs d’accusation graves, en lien direct avec les violences qui ont éclaté à l’issue de la finale. Les poursuites portent notamment sur la participation à des actes de violence lors d’un événement sportif, l’intrusion sur l’aire de jeu, la dégradation de biens publics et de matériel sportif, l’agression des forces de l’ordre, ainsi que des jets d’objets ayant provoqué des blessures.
Ces infractions, qualifiées de particulièrement sérieuses par les autorités judiciaires, soulignent la volonté des pouvoirs publics marocains de lutter fermement contre les violences dans les stades et de préserver la sécurité lors des compétitions sportives de grande ampleur.
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🌍 Un dossier à résonance régionale et diplomatique
Au-delà de son aspect strictement judiciaire, cette affaire revêt une portée symbolique plus large. Elle intervient dans un contexte où les événements sportifs internationaux sont de plus en plus scrutés sous l’angle de la sécurité, de la responsabilité des supporters et du respect des règles. La présence d’acteurs diplomatiques et d’organisations de défense des droits humains illustre la sensibilité du dossier et son impact potentiel sur les relations entre États et fédérations sportives.
Le report du verdict prolonge ainsi une attente lourde de conséquences, tant pour les prévenus que pour les autorités, soucieuses de démontrer que la justice marocaine traite ce type d’affaires avec rigueur, impartialité et respect des normes internationales.
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⏳ Prochaine audience très attendue à Rabat
Désormais, tous les regards se tournent vers l’audience du 5 février, date à laquelle le tribunal de première instance de Rabat devrait reprendre l’examen du dossier. Cette échéance s’annonce décisive pour l’issue judiciaire de l’affaire, mais aussi pour le message que le Royaume souhaite adresser concernant la gestion des violences liées au football et la protection de l’ordre public lors des grands rendez-vous sportifs.
