Une enquête de la BNPJ vise 24 personnes, dont policiers et douaniers, soupçonnées de corruption et de contrebande au port de Tanger Ville
Une nouvelle affaire de corruption portuaire vient ébranler l’un des points névralgiques du commerce maritime national. Le port de Tanger Ville, vitrine stratégique du nord du Royaume, se retrouve au cœur d’une enquête judiciaire d’envergure visant des agents chargés de garantir la sécurité, la régularité et la transparence des flux de marchandises. La Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) a enclenché une procédure lourde, révélatrice de la détermination des autorités à traiter sans complaisance les dérives internes, y compris lorsqu’elles concernent des corps sensibles de l’État.
🚨 Une enquête judiciaire d’ampleur sous la supervision du parquet
Jeudi 29 janvier, la BNPJ, agissant sous la supervision directe du parquet compétent, a officiellement ouvert une enquête judiciaire visant vingt-quatre personnes soupçonnées d’implication dans des faits graves de corruption, d’abus d’influence et de contrebande de marchandises. L’affaire concerne des pratiques frauduleuses présumées ayant eu lieu au sein même du port de Tanger Ville, un site stratégique tant sur le plan économique que sécuritaire.
Cette enquête s’inscrit dans le cadre des mécanismes de vigilance renforcée mis en place par les autorités marocaines pour lutter contre les réseaux de corruption transversaux, notamment dans les zones portuaires, où les enjeux financiers et logistiques sont considérables.
🧑✈️ Des agents de sécurité et de contrôle directement mis en cause
Parmi les personnes visées figurent six policiers, six fonctionnaires relevant d’une brigade locale de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), ainsi que deux agents des douanes. Ces profils, tous investis de missions de contrôle, de sécurité ou de surveillance, sont soupçonnés d’avoir volontairement manqué à leurs obligations professionnelles.
Selon les premiers éléments de l’enquête, ces agents se seraient abstenus d’accomplir des actes relevant directement de leurs fonctions, facilitant ainsi des opérations de passage frauduleux de marchandises et de produits étrangers, en violation manifeste des procédures en vigueur. Ces manquements auraient été commis dans un cadre structuré, laissant présumer l’existence de pratiques concertées plutôt que d’actes isolés.
💰 Corruption et contournement des contrôles douaniers
Les faits reprochés portent essentiellement sur des interventions illégales visant à neutraliser ou éviter les contrôles douaniers au profit de certaines personnes ou réseaux. En contrepartie, les fonctionnaires mis en cause auraient perçu des commissions financières, assimilables à des pots-de-vin, constituant ainsi des infractions caractérisées de corruption et d’abus d’influence.
Les informations à l’origine de l’enquête, transmises par les services de la DGST, font état de violations répétées des procédures de contrôle du passage des marchandises au port de Tanger Ville. Ces pratiques auraient permis l’introduction ou la sortie de marchandises sans déclaration conforme, causant un préjudice potentiel aux finances publiques et portant atteinte à l’intégrité du système de contrôle portuaire.
🔍 Des investigations déjà étayées par des éléments précis
Les investigations préliminaires ont permis d’identifier non seulement les agents suspectés d’avoir facilité ces opérations, mais également plusieurs bénéficiaires présumés de ces actes de collusion. Ces derniers auraient profité de leur proximité avec certains fonctionnaires pour contourner les dispositifs de surveillance et accélérer le transit de marchandises en dehors de tout cadre légal.
Sur instruction du parquet, l’ensemble des personnes concernées a été soumis aux procédures judiciaires en vigueur. Auditions, confrontations et analyses des flux financiers sont en cours afin de déterminer avec précision le degré d’implication de chacun, la chaîne des responsabilités et l’ampleur réelle des infractions commises.
⚖️ Une affaire révélatrice des enjeux de gouvernance portuaire
Au-delà des responsabilités individuelles, cette affaire met en lumière les défis structurels liés à la gouvernance des zones portuaires, où se croisent impératifs de sécurité, fluidité logistique et risques élevés de corruption. Le port de Tanger Ville, en raison de sa position stratégique et de son activité intense, constitue un terrain particulièrement sensible à ce type de dérives.
Les autorités judiciaires entendent, à travers cette enquête, envoyer un message clair : aucun statut, aucune fonction, aussi sensible soit-elle, ne saurait constituer un rempart contre l’application de la loi lorsque des soupçons sérieux de corruption sont établis.
🕵️♂️ Une enquête appelée à s’élargir
Les investigations se poursuivent afin d’identifier l’ensemble des personnes impliquées, qu’il s’agisse de complices, d’intermédiaires ou de bénéficiaires indirects. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer si ces pratiques relèvent d’un réseau organisé opérant de manière durable ou d’agissements opportunistes liés à des intérêts ponctuels.
Cette démarche vise à établir toute la vérité sur les mécanismes de corruption présumés et à fixer l’ensemble des responsabilités pénales, dans un souci de transparence et de crédibilité institutionnelle.
🔒 Un signal fort dans la lutte contre la corruption
En s’attaquant à un dossier impliquant des agents issus de plusieurs corps stratégiques, la justice marocaine affirme sa volonté de renforcer l’État de droit, de protéger l’économie nationale et de préserver la confiance dans les institutions chargées de la sécurité et du contrôle.
L’affaire du port de Tanger Ville pourrait ainsi constituer un tournant dans la lutte contre la corruption portuaire au Maroc, en rappelant que la vigilance institutionnelle et la coordination entre services restent les piliers d’une gouvernance efficace et intègre.

