Convaincue de la solidité juridique de son dossier, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) s’attendait à une décision conforme aux règlements disciplinaires en vigueur. Le verdict rendu à la suite des incidents ayant émaillé la finale de la CAN 2025 a pourtant pris une tournure défavorable pour le Maroc, ravivant le débat sur l’équité des sanctions et la gouvernance disciplinaire du football continental.
⚖️ Un verdict très attendu après une finale sous haute tension
Le jury disciplinaire, saisi à la suite des événements survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, a officiellement rejeté la réclamation déposée par le Maroc. Celle-ci portait sur l’abandon du terrain par les joueurs sénégalais, un fait que la partie marocaine estimait constitutif d’un forfait automatique au regard des règlements de la Confédération africaine de football. Selon les informations recueillies, la décision finale était présentée comme acquise par les instances disciplinaires, le Maroc se disant sûr de la conformité de son argumentation avec les textes en vigueur.
En écartant cette réclamation, le jury a implicitement considéré que les circonstances entourant l’interruption de la rencontre ne justifiaient pas l’application de la sanction la plus lourde prévue par le règlement, à savoir la perte du match sur tapis vert pour l’équipe sénégalaise.
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🚨 Des sanctions lourdes infligées au camp marocain
Si la réclamation marocaine a été rejetée, la sévérité des sanctions prononcées à l’encontre de la sélection nationale et de sa fédération a suscité une vive incompréhension. Le joueur Ismaël Saibari a été sanctionné de trois matchs de suspension, assortis d’une amende de 100.000 dollars, tandis que Achraf Hakimi écope de deux matchs de suspension. Ces décisions disciplinaires auront un impact direct sur la compétitivité de l’équipe nationale lors de ses prochaines échéances officielles.
La FRMF n’a pas été épargnée. Plusieurs amendes cumulées, pour un montant global de 315.000 dollars, ont été infligées à la fédération marocaine. Elles concernent des faits jugés graves par le jury, notamment le comportement des ramasseurs de balles, l’usage de lasers dans les tribunes et l’envahissement de la zone VAR par des membres du staff technique durant la rencontre.
❗ Un sentiment d’injustice et de déséquilibre des décisions
Au sein du camp marocain, ce verdict est perçu comme disproportionné et en décalage avec la réalité des faits observés lors de la finale. Une source proche du dossier souligne que, contrairement à l’encadrement sénégalais, qui aurait été auditionné par la commission disciplinaire, les joueurs marocains concernés par les sanctions n’auraient pas bénéficié de la même possibilité de s’expliquer ou de présenter leur version des événements.
Cette asymétrie procédurale alimente le sentiment d’une décision prise sans respect strict du principe du contradictoire, pourtant fondamental en matière disciplinaire. Pour les responsables marocains, la lourdeur des sanctions contraste avec l’absence de mesures équivalentes face à ce qu’ils considèrent comme une violation manifeste des règlements par l’équipe adverse.
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⚖️ La question de la proportionnalité des peines au cœur du débat
L’un des points les plus critiqués concerne la proportionnalité des sanctions. Plusieurs observateurs estiment que le jury disciplinaire aurait cherché à établir un équilibre artificiel entre les deux fédérations, en distribuant des sanctions de part et d’autre, sans tenir compte de la gravité intrinsèque des faits reprochés à chaque camp. Or, selon la lecture marocaine, l’abandon du terrain constitue une infraction majeure, susceptible d’entraîner des conséquences sportives bien plus lourdes que celles finalement retenues.
Cette approche soulève des interrogations sur la cohérence des décisions disciplinaires au niveau continental et sur leur capacité à garantir une application uniforme et crédible des règlements.
🔁 La FRMF déterminée à saisir la commission d’appel
Face à ce verdict, la Fédération royale marocaine de football ne compte pas en rester là. Elle a d’ores et déjà annoncé son intention de porter l’affaire devant la commission d’appel, avec l’objectif de faire réexaminer tant le fond du dossier que la sévérité des sanctions prononcées.
Cette nouvelle étape juridique pourrait rouvrir le débat sur les incidents de la finale de la CAN 2025 et, plus largement, sur la transparence et l’équité des mécanismes disciplinaires du football africain. Pour le Maroc, l’enjeu dépasse le simple cadre sportif : il s’agit de défendre les droits de sa sélection nationale et de préserver la crédibilité des compétitions continentales.
Et si le verdict de la commission disciplinaire de la CAF était « prémédité » ?
La CAF aurait volontairement infligé des sanctions sévères au Maroc tout en faisant preuve de clémence envers le Sénégal après la finale, illustrant un traitement à « deux vitesses » ? Cette stratégie viserait-elle à éviter un conflit politique et populaire, le Sénégal bénéficiant d’un fort soutien continental ? En poussant le Maroc à faire appel puis à saisir le Tribunal arbitral du sport, la CAF se déchargerait de la responsabilité finale de la décision. Le recours au TAS permettrait ainsi à l’instance africaine de déléguer un dossier sensible au droit international et d’éviter d’assumer directement les conséquences d’un verdict potentiellement explosif.

