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CAN 2025 : les victoires du Maroc attisent le DZarroi algérien

supporters algériens Algérie CAN Maroc 2025

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À mesure que la Coupe d’Afrique des nations 2025 avance vers son dénouement, le terrain sportif semble parfois céder la place à un autre affrontement, plus feutré mais tout aussi virulent : celui des récits, des interprétations et des tensions politiques projetées sur le football. La qualification du Maroc pour la finale face au Sénégal a ainsi ravivé une rivalité régionale ancienne, transformant une performance sportive en objet de controverses médiatiques et diplomatiques.

CAN 2025 : la qualification du Maroc sous le feu des polémiques algériennes

La victoire du Maroc face au Nigeria, synonyme de qualification pour la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, a largement dépassé le cadre strictement sportif. Si, sur le plan du jeu, les Lions de l’Atlas ont été salués par de nombreux observateurs pour la solidité de leur parcours, la rencontre a également déclenché une vague de réactions virulentes sur les réseaux sociaux et dans certains médias, notamment en Algérie, contestant la légitimité du succès marocain.

Dès le coup de sifflet final, des accusations ont émergé, mettant en cause l’arbitrage, l’organisation du tournoi et, plus largement, le rôle du Maroc en tant que pays hôte. Une rhétorique qui s’est intensifiée dans un contexte régional déjà marqué par des tensions politiques persistantes entre Rabat et Alger.

🗣️ Réseaux sociaux et médias : quand le football devient un exutoire politique

Sur les plateformes numériques, la qualification marocaine a donné lieu à un déferlement de commentaires hostiles, où la performance sportive a été éclipsée par des accusations de favoritisme et de manipulations présumées. Cette dynamique s’est trouvée renforcée par certaines chaînes de télévision algériennes, qui ont rapidement orienté leurs analyses vers des théories de complot, accusant le Maroc d’exercer une influence déterminante au sein de la Confédération africaine de football (CAF).

Dans ces débats, la défaite de l’Algérie face au Nigeria (2-0) a souvent été présentée non comme un échec sportif, mais comme le résultat d’« arrangements en coulisses ». Pourtant, les statistiques du match ont mis en évidence une large domination nigériane, tant en possession de balle qu’en occasions créées, reléguant les griefs à un registre davantage émotionnel que factuel.

🎙️ Des voix dissonantes dans le paysage footballistique

Face à cette escalade verbale, certaines personnalités du football international ont tenu à remettre le débat sur le terrain sportif. L’ancien international français Adil Rami, commentant la rencontre, a ainsi dénoncé ce qu’il a qualifié de réactions dictées par la frustration, estimant que le Maroc avait tout simplement été supérieur dans son parcours.
Adil Rami estime que les critiques visant la qualification du Maroc en finale de la CAN relèvent davantage de la jalousie envers le pays que d’une analyse footballistique. Il rejette fermement toute polémique sur l’arbitrage et affirme que les Lions de l’Atlas ont été supérieurs au Nigeria, tant sur le plan tactique que physique.
Selon lui, le Maroc a mérité sa victoire, y compris lors de la séance de tirs au but, et les accusations de matchs truqués ou de favoritisme lié à l’organisation de la CAN sont infondées. Il considère que certains supporters algériens refusent d’admettre les limites de leur propre sélection et surestiment son niveau. Pour Rami, le Maroc a simplement empêché le Nigeria de jouer, contrairement à l’Algérie, et sa place en finale est pleinement justifiée.

Un point de vue partagé par de nombreux analystes africains et internationaux, y compris des commentateurs d’origine algérienne résidant hors d’Algérie, qui ont reconnu la régularité et la discipline tactique de l’équipe marocaine tout au long de la compétition.

🌍 Du fair-play continental à la crispation post-élimination

Il est à noter que, durant les premières phases de la CAN 2025, les critiques sur l’organisation du tournoi étaient relativement marginales et souvent formulées sur un ton mesuré, y compris par des supporters d’autres nations africaines. Certaines réserves, notamment sur l’ambiance ou la logistique, avaient émergé avant le coup d’envoi de la compétition, mais se sont progressivement dissipées à mesure que le tournoi avançait.

La situation a toutefois évolué après l’élimination de l’Algérie par le Nigéria et après l’élimination du Nigéria par le Maroc, moments charnières à partir duquel les critiques se sont durcies, perdant tout caractère sportif pour s’inscrire dans une logique de confrontation politique et symbolique, où le Maroc est devenu la cible centrale et le bouc émissaire du DZarroi algérien.

🏟️ Accusations répétées et mémoire des précédents

Ce n’est pas la première fois que le Maroc est accusé par les médias algériens d’être à l’origine d’échecs sportifs algériens. Des accusations similaires avaient déjà été formulées après la non-qualification de l’Algérie pour la Coupe du monde 2022, où l’arbitrage du match face au Cameroun avait été mis en cause, sans preuves établies.

Dans le cas de la CAN 2025, cette logique s’est prolongée jusque dans le discours politique. Des responsables algériens ont publiquement évoqué des « pratiques injustes » et des « atteintes aux valeurs sportives », des propos qui ont contribué à politiser davantage un événement censé célébrer l’unité du football africain.

🌐 Le Maroc, entre performance sportive et stature continentale

Malgré ces controverses, le parcours des Lions de l’Atlas s’inscrit dans une continuité sportive reconnue à l’échelle internationale. Demi-finaliste de la Coupe du monde 2022 et actuellement 8e au classement FIFA, le Maroc confirme, à travers cette CAN 2025, son statut de puissance footballistique africaine émergente.

Dans de nombreux pays du continent, la communauté africaine résidant au Maroc a d’ailleurs joué un rôle d’ambassadeur informel, défendant l’image du Royaume et soulignant la qualité de l’organisation ainsi que l’esprit d’hospitalité observé durant la compétition.

🏁 Quand la CAN révèle les fractures au-delà du terrain

La CAN 2025 rappelle ainsi que le football africain reste parfois le miroir de tensions politiques et identitaires plus larges. Si la rivalité sportive fait partie intégrante du jeu, son instrumentalisation à des fins politiques pose la question de la responsabilité des médias et des acteurs publics dans la préservation de l’esprit sportif.

À l’heure de la finale, le défi dépasse donc le simple enjeu du trophée : il s’agit aussi de préserver l’image du football africain comme un espace de compétition loyale, de respect mutuel et de célébration collective.

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