Attention à la vente de faux billets de la CAN Maroc 2025
CAN Maroc 2025 : la prolifération de billets frauduleux sur les réseaux sociaux relance le débat sur la responsabilité des plateformes numériques. Experts en cybersécurité et associations de consommateurs appellent à un encadrement strict et à une coopération renforcée pour protéger les supporters.
🏟️ CAN 2025 : billets frauduleux, réseaux sociaux et responsabilité des plateformes numériques
🎟️ La vente illégale de billets en ligne met les géants du numérique sous pression
À l’approche des grands rendez-vous de la Coupe d’Afrique des nations 2025, organisée au Maroc, la prolifération d’annonces proposant des billets de match à des prix exorbitants sur les réseaux sociaux soulève une question devenue centrale : quel est le rôle réel des plateformes numériques dans la lutte contre les pratiques frauduleuses ? Entre failles de régulation, responsabilité morale et enjeux juridiques, experts et acteurs associatifs appellent à un sursaut collectif.
🔐 Cybersécurité : des outils puissants, mais une vigilance jugée insuffisante
Spécialiste reconnu en cybersécurité, Tayeb El Hazzaz estime que la présence massive de ces offres frauduleuses sur des plateformes comme Facebook ou Instagram ne peut plus être réduite à un simple détournement d’usage. Selon lui, ces géants du numérique disposent aujourd’hui de technologies avancées de détection, capables d’identifier des comportements suspects, de cartographier des réseaux organisés et de filtrer des contenus à haut risque.
« Lorsque ces outils sont prioritairement mobilisés à des fins commerciales, mais insuffisamment activés pour protéger les utilisateurs, les plateformes endossent une forme de responsabilité indirecte », explique-t-il. Une responsabilité qui, sans relever nécessairement du pénal, pose un sérieux problème en matière de prévention et de protection des consommateurs.
🧠 Des arnaques sophistiquées, pensées pour inspirer confiance
Le succès de ces escroqueries repose sur des mécanismes numériques bien rodés. Des comptes anciens, parfois crédibles et dotés d’une activité régulière, sont utilisés pour diffuser des annonces sponsorisées. Les acheteurs potentiels sont ensuite redirigés vers des conversations privées sur Messenger ou WhatsApp, où l’échange direct crée une illusion de sérieux et de proximité.
Cette stratégie, souligne Tayeb El Hazzaz, permet de contourner les contrôles classiques tout en exploitant la confiance des supporters, souvent pressés de sécuriser une place pour les matchs les plus attendus de la CAN.
⚖️ Un vide juridique et des obligations encore floues
Sur le plan légal, la problématique dépasse la simple question de la culpabilité pénale. Elle interroge les obligations de vigilance, de signalement et de réaction rapide des plateformes face à des abus répétés, notamment lors de grands événements sportifs internationaux. Pour de nombreux experts, une compétition comme la CAN devrait automatiquement déclencher un niveau de surveillance numérique renforcée, au même titre que les enjeux sécuritaires sur le terrain.
🛡️ Les consommateurs en première ligne face aux dérives
Du côté de la société civile, l’inquiétude est tout aussi palpable. Ali Chtour, président de l’Association marocaine de défense des droits du consommateur, alerte sur l’ampleur prise par la vente illégale de billets en ligne. Il souligne que de nombreuses plateformes de revente non agréées opèrent hors de tout contrôle effectif, favorisant les arnaques, les faux billets et les litiges sans recours.
Selon lui, la situation actuelle constitue un signal d’alarme, d’autant plus pressant que le Maroc se prépare à accueillir, à l’horizon 2030, une compétition mondiale d’une ampleur inédite. « Il est impératif de mettre en place, dès maintenant, un système de billetterie fiable, transparent et totalement sécurisé », insiste-t-il.
🌍 Vers une coopération renforcée avant 2030
Face à ces dérives, les appels à une coopération étroite entre plateformes numériques, autorités publiques et organisateurs sportifs se multiplient. L’objectif est clair : protéger les supporters, préserver l’image des compétitions et garantir que les grandes fêtes du football africain se déroulent dans des conditions équitables, sûres et transparentes.
En attendant des réformes plus structurelles, les acteurs associatifs rappellent l’importance d’un réflexe simple mais crucial : privilégier exclusivement les circuits officiels et les points de vente reconnus. Une précaution essentielle pour éviter les désillusions et permettre à la CAN 2025 de rester une célébration du sport, et non un terrain de jeu pour les fraudeurs.
