jeudi, janvier 8, 2026
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Geert Wilders: les Marocains, des terroristes de rue immigrés

À l’approche d’un scrutin décisif pour l’avenir politique des Pays-Bas, le débat électoral se durcit et les lignes idéologiques se crispent. Fidèle à une stratégie qui a façonné sa notoriété autant que sa controverse, Geert Wilders remet au cœur de la campagne ses thèmes de prédilection, au risque de raviver de profondes fractures au sein de la société néerlandaise.

🇳🇱🗳️ Législatives néerlandaises : Geert Wilders radicalise son discours à l’approche du scrutin

🔥 Une campagne sous le signe de la confrontation

À quelques jours des élections législatives prévues le 17 mars, le leader du Parti de la liberté (PVV), Geert Wilders, âgé de 57 ans, poursuit une campagne marquée par une opposition frontale à l’islam et à l’immigration. Figure centrale de l’extrême droite néerlandaise, il assume pleinement un discours qu’il présente comme un combat idéologique pour la liberté, mais qui suscite de vives critiques tant sur le plan politique que sociétal.

Malgré un retard dans les sondages face au Premier ministre sortant Mark Rutte et à son parti libéral VVD, Geert Wilders refuse toute inflexion stratégique. Il continue de défendre, « bec et ongle », un programme qu’il estime en phase avec les préoccupations profondes de son électorat.

🧭 L’immigration au cœur du discours politique

Pour Geert Wilders, la question migratoire dépasse le simple débat de politique publique. Elle constitue, selon ses propres termes, un « problème existentiel » pour les Pays-Bas. « L’immigration des non-occidentaux est un problème existentiel […] Je crois que nous devrions même intensifier, investir davantage dans la réalisation de cette politique », a-t-il déclaré, réaffirmant son opposition ferme à toute forme d’immigration qu’il juge incompatible avec l’identité nationale.

Ce positionnement, loin d’être marginal dans son discours, structure l’ensemble de son projet politique et alimente une rhétorique anxiogène sur l’avenir du pays.

🕌🇪🇺 Islam, immigration et Union européenne : les piliers du programme du PVV

Dans le manifeste électoral du PVV, les thèmes de l’immigration, de la sortie de l’Union européenne et de la « désislamisation » occupent une place centrale. Geert Wilders y développe une vision radicale de la société néerlandaise, qu’il estime profondément transformée par les flux migratoires et la diversité religieuse.

Le document contient des propos particulièrement polémiques visant la communauté marocaine, qualifiée de « terroristes de rue immigrés ». « Les Pays-Bas sont devenus un pays méconnaissable. Les terroristes de rue immigrés, souvent Marocains, terrorisent les Néerlandais partout », peut-on y lire, une affirmation qui a provoqué une indignation immédiate parmi les associations, les responsables politiques et une partie de l’opinion publique.

⚖️ Des propos déjà sanctionnés par la justice

Ce n’est pas la première fois que Geert Wilders se retrouve au centre de controverses judiciaires. En 2014, lors d’un rassemblement politique, il avait tenu des propos jugés insultants envers les Marocains, déclenchant une vague de réactions aux Pays-Bas et à l’étranger.

En septembre 2020, la Cour d’appel néerlandaise s’était penchée sur cette affaire. Si elle avait reconnu le caractère problématique de ses déclarations, elle avait finalement annulé sa condamnation pour incitation à la haine, ne le reconnaissant pas coupable au sens pénal. Une décision qui a renforcé chez Wilders le sentiment d’être légitimé dans son combat.

🗣️ « Je ne regrette rien » : la posture assumée de Wilders

Loin de faire profil bas, Geert Wilders revendique pleinement son parcours et ses prises de position. « Je ne regrette pas d’avoir combattu pour la liberté », affirme-t-il. Se présentant comme une figure assiégée, il déclare : « Je prends position, je suis attaqué, mon pays est attaqué. »

Dans une déclaration qui a une nouvelle fois choqué, il va jusqu’à affirmer : « Je me bats pour chaque musulman, je souhaite qu’ils choisissent la liberté et quittent l’Islam. » Des propos interprétés par ses détracteurs comme une négation du pluralisme religieux et de la liberté de conscience.

🌍 Une société néerlandaise profondément divisée

À l’approche du scrutin, la stratégie de Geert Wilders met en lumière les fractures profondes de la société néerlandaise, tiraillée entre défense des libertés individuelles, gestion de la diversité et montée des discours identitaires. Si son électorat reste fidèle et mobilisé, ses déclarations continuent de susciter une forte polarisation, tant sur le plan politique que social.

Les élections du 17 mars apparaissent ainsi comme un test majeur, non seulement pour les équilibres politiques aux Pays-Bas, mais aussi pour la capacité du pays à préserver un débat démocratique apaisé dans un contexte de tensions idéologiques exacerbées.